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Bien avant la réforme en éducation et avant même la fusion des commissions scolaires, plusieurs enseignants (1) de notre milieu s’étaient questionnés et avaient amorcé une réflexion sur l’acte d’évaluer. Déjà à ce moment, plusieurs d’entre eux privilégiaient une pédagogie centrée sur les besoins de l’élève. Petit à petit, ils avaient intégré à leur pratique différentes approches pédagogiques, ce qui les a mené à modifier leurs façons de faire au fil des ans. Ces enseignants se sont aperçus qu’en se centrant sur les apprentissages des élèves, qu’en les rendant actifs et acteurs, qu’en variant les stratégies pédagogiques , qu’en travaillant à partir de tâches complètes, complexes et signifiantes, ils ne pouvaient plus se permettre ou plutôt, ils ne voyaient plus la pertinence de donner des tests sommatifs de fin d’étape et surtout d’évaluer tous les élèves à des périodes fixes. Ils ne voulaient plus évaluer uniquement des connaissances et encore moins avoir à porter un jugement ponctuel sur des résultats plus ou moins significatifs pour la majorité de leurs élèves . Ces mêmes enseignants souhaitaient se familiariser avec de nouvelles formes d’évaluation, et ce, par souci d’équité et de justice pour chacun des élèves. Ils ont alors adressé une demande aux services éducatifs. C’est alors que le portfolio est apparu comme un outil signifiant et authentique qui pouvait répondre aux besoins spécifiques de ces enseignants. À l’époque, il n’y avait pas beaucoup de littérature sur le sujet. Le tout a débuté par quelques rencontres, plusieurs discussions et surtout par une volonté de s’approprier rapidement cet outil qui semblait plus qu’intéressant. C’est sous forme de recherche-action qu’est né le projet de portfolio à la commission scolaire Jean Rivard (2) en 1997. Les conseillers pédagogiques (3) de l’époque se sont inscrits à de la formation et ils se sont déplacés dans plusieurs régions du Québec à la recherche d’information sur le sujet. Par la suite, un projet sur le portfolio a vu le jour à la commission scolaire et une première cohorte de douze enseignants a été mise sur pied dans le but d’en faire l’expérimentation. Pendant deux ans, ces derniers ont reçu de la formation , ils ont été accompagnés par les conseillers pédagogiques et ont participé à des suivis afin d’enrichir leur vécu. Puis, la fusion des commissions scolaires est arrivée. Nous sommes devenus la Commission scolaire des Bois-Francs. Le projet portfolio s’est poursuivi grâce à la volonté de nos dirigeants de maintenir les projets pédagogiques déjà existants dans chacun des milieux. L’avènement de la réforme de l’éducation est venue par la suite renforcer notre conviction profonde de la pertinence d’utiliser cet outil comme moyen d’évaluer les apprentissages des élèves et d’aider à porter un jugement sur le développement de ses compétences. Plusieurs enseignants se sont inscrits au projet depuis ce temps. La formation que nous donnons maintenant est principalement centrée sur la démarche que requiert ce moyen ainsi que sur l’accompagnement des enseignants. Le portfolio fait maintenant partie de la réalité pédagogique de nombreuses classes de la commission scolaire des Bois-Francs. Il s’avère un outil important de communication entre l’élève, l’enseignant, les professionnels de l’école et les parents. À cet égard, il est de plus en plus utilisé comme complément au nouveau bulletin scolaire afin de donner toutes les informations nécessaires sur les apprentissages de l’élève. Il est également utilisé pour réaliser les plans d’intervention des élèves en difficulté d’apprentissage. Pour nous, le portfolio n’est pas une mode. C’est un outil extrêmement pertinent, qui s’inscrit dans une pédagogie centrée sur l’apprentissage et la différenciation et qui permet à l’élève ainsi qu’à l’enseignant d’évaluer les démarches, les stratégies, les connaissances, bref le développement global de l’enfant dans les diverses compétences transversales et disciplinaires qu’il aura à développer tout au long de son parcours scolaire.
Solange Comtois, conseillère en développement pédagogique [1] Le mot « enseignant » sera utilisé dans le texte et il désignera aussi les enseignantes. [2] Avant la fusion de 1998 : Commission scolaire Jean Rivard, Région 04 (Bois-Francs) [3] Solange Comtois, Huguette Deland, Jean-Luc Huard .
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